16/05/2013 : Communiqué de presse - Plus de 3 000 services à la demande en Europe

L'Observatoire présente à Cannes une version élargie de la base de données MAVISE

  • En mai 2013, plus de 3 000 services audiovisuels à la demande sont établis dans un pays européen ou reçus dans au moins l'un d'entre eux.
  • 447 services de VoD établis dans l'Union européenne offrent uniquement ou essentiellement des films de cinéma.
  • Plus de 130 services de VoD consacrés au cinéma visant un ou plusieurs pays de l'Union européenne sont établis en dehors de celle-ci, principalement aux Etats-Unis et en Suisse.
  • La base recense également 45 services proposant des compilations de bandes-annonces et 10 services européens consacrés aux archives.

L'Observatoire européen de l'audiovisuel vient de dresser un bilan des services audiovisuels à la demande à l'occasion du Marché du Film à Cannes. Ces données sont disponibles dans la base de données MAVISE, désormais élargie pour couvrir les services audiovisuels à la demande en Europe et accessible gratuitement en ligne : http://mavise.obs.coe.int

La généralisation des stratégies transfrontières pour les services de VoD

En mai 2013, la base recense 3 087 services audiovisuels à la demande : services de télévision de rattrapage, de services vidéos de journaux ou de portails et services de VoD de différents genres (généralistes, films, fiction TV, musique, animation et programmes pour enfants ou pour adultes) et de différents modèles économiques (financé par la publicité, péage à la transaction, abonnement direct, services inclus dans l'abonnement à des bouquets numériques, services des diffuseurs publics). 2 733 services établis dans l'Union européenne ont été identifiés dont 447 services de VoD consacrés au cinéma (soit 18 % de l'offre totale), 44 services de bandes-annonces (non compris les sites promotionnels des distributeurs) et 10 services proposant des archives cinématographiques.

 

Il apparaît assez naturel que les grands pays comptent un grand nombre de services VoD consacrés au cinéma : 48 services sont établis au Royaume-Uni, 34 en France, 33 en Allemagne. Quatre pays ont un nombre relativement élevé de services par rapport à leur taille : trois d'entre eux, le Luxembourg (86), la Suède (36) et la République tchèque (31) sont très clairement des pays d'établissement de services visant d'autres pays. Le Luxembourg accueille les iTunes Stores exploités par iTunes S.à.r.l. et qui visent non seulement les autres pays européens (sauf la Roumanie) mais aussi nombre de pays d'Afrique, du Moyen-Orient et d'Asie (à l'exception du Japon). Netflix, qui propose des services pour le Royaume-Uni et les pays nordiques et annonce la continuation de son déploiement européen, est également établi au Grand-Duché. Egalement établis au Luxembourg, les plates-formes Xbox Video opérées par Microsoft Luxembourg S.à.r.l., accessibles dans 15 pays, ne sont pas considérées comme des services VoD, mais comme des plates-formes de distribution de catalogues, essentiellement américains, considérés chacun comme un service distinct. La Suède accueille diverses offres visant les pays nordiques (SF Anytime, Canal+ Digital, CDON, Headweb, Filmnet…) et même un service visant l'Espagne. La République tchèque est le pays d'accueil des diverses versions linguistiques de HBO OD visant l'Europe centrale. Les Pays-Bas se caractérisent par une multiplicité de petits services de VoD en ligne et quelques services de plates-formes câble ou IPTV.

 

Nombre de services consacrés au cinéma par pays d'établissement (avril 2013)


Source : Observatoire européen de l'audiovisuel / Base de données MAVISE

 

On notera également le nombre significatif de services établis aux Etats-Unis, ou dont on peut supposer qu'ils le sont. Des services — disponibles dans diverses versions linguistiques — tels que Google Play Movies, YouTube Movies, MUBI ou Eurochannel affichent clairement des fournisseurs de services établis aux Etats-Unis. Parmi les 53 services de VoD par abonnement lancés début mai par YouTube aux Etats-Unis, 29 (dont 4 consacrés au cinéma) sont accessibles en Europe et tarifés en euros. La question du pays d'établissement est moins claire pour les services des studios, disponibles notamment sur Xbox Video : aucune information n'étant fournie, nous les avons supposés établis aux Etats-Unis. Au total, la base MAVISE, en mai 2013, recense 207 services (dont 123 consacrés au cinéma) établis ou probablement établis aux Etats-Unis et visant explicitement un ou plusieurs marchés européens. Etablis en Suisse, les services Acetrax (rachetés en 2012 par BSkyB) et Viewster (service de VoD partiellement gratuit qui a fait une percée ces derniers mois aux Etats-Unis et au Royaume-Uni) visent également divers pays de l'Union européenne.

On peut noter également que sur les 920 services de VoD inclus dans la base (tous pays et tous genres confondus) 417, soit 45,3 %, sont édités par des groupes américains, soit à partir des Etats-Unis, soit par le biais de filiales en Europe.

L'Observatoire estime que, dans l'Union européenne, 52 % des services VoD disponibles dans un pays sont établis dans un autre. Ce développement de la circulation transfrontière des services audiovisuels à la demande, particulièrement marqué pour les services de VoD consacrés au cinéma, est susceptible de rendre difficile la mise en oeuvre des mesures de promotion des œuvres européennes ou de contribution au financement de la production fixées par les réglementations nationales les plus exigeantes.

Les offres sont de plus en plus multi-plateformes (Internet fixe ou mobile, câble, IPTV, parfois numérique terrestre). De plus en plus de services de VoD cinéma sont également proposés sous forme d'application pour les tablettes ou les récepteurs Smart TV.

Les services de VoD par abonnement (SvoD) se sont multipliés ces derniers mois : 76 services par abonnement sont identifiés. Cette formule, au départ appliquée pour certains types de services thématiques (notamment les services pour enfants), s'est développée avec le lancement de services d'abonnement à des services consacrés au cinéma. Nombre de chaînes de films à péage proposent également des services de rattrapage, inclus dans le prix de l'abonnement et de plus en plus souvent accessibles dans le cadre de la réception sur tablettes ou smartphones.

 

MAVISE : un outil pour les ayants droit, les distributeurs, les régulateurs et le grand public

 

La base de données MAVISE, lancée en 2008 et accessible gratuitement en ligne, fournissait jusqu'à présent les informations sur les seules chaînes de télévision, établies et reçues dans l'Union européenne et les pays candidats à l'adhésion. Plus de 10 000 chaînes de télévision sont ainsi recensées. Des informations sur la société fournissant le service, les modalités de distribution (terrestre, câble, satellite, IPTV,…), le genre de la chaîne et son public cible sont fournis, avec des possibilités de recherche croisée. Les chaînes peuvent être identifiées par pays d'établissement ou par pays de réception. Par exemple, la base permet d'identifier 468 chaînes consacrées au cinéma établies ou reçues en Europe, dont 37 reçues au Royaume-Uni ou 81 établies en Suède.

Un tel outil permet notamment aux ayants droit ou aux agents de vente de repérer des clients potentiels pour leurs films et de mieux connaître la couverture géographique des services audiovisuels auxquels ils confient leurs œuvres.

La base MAVISE demandait à être élargi aux services audiovisuels à la demande, et en particulier aux services de VoD consacrés aux films de cinéma. Elle permet dorénavant aux régulateurs nationaux et européens de l'audiovisuel de disposer d'une vision systématique de l'offre européenne des services audiovisuels et de leur circulation. Elle facilite également l'identification (parfois problématique) des opérateurs de service. Enfin, la base permettra au grand public de découvrir de manière plus systématique l'offre légale de services à la demande accessibles dans chacun des pays européens.

 

« La réalisation d'une base de données sur les services audiovisuels à la demande en Europe a quelque chose d'utopique, explique André Lange, Responsable du Département Information sur les marchés et les financements à l'Observatoire européen de l'audiovisuel. La complexité de ces univers est croissante et les lacunes dans la transparence sont assez inquiétantes, en particulier en ce qui concerne l'identification précise de la société éditrice et de son pays d'établissement. Au moins un tiers des identifications que nous proposons dans la base sont plausibles, mais en fait résulte d'hypothèses. Cette absence de transparence des sociétés éditrices n'est certainement pas conforme aux normes européennes ou nationales en matière de transparence d'édition et de propriété des médias. Il y a une partie de risque dans cette mise à disposition du public, mais nous espérons que les fournisseurs et les distributeurs de service auront à cœur de nous aider à corriger les erreurs éventuelles. »

 


Démonstration de la base MAVISE au Marché du Film de Cannes

L'Observatoire présentera la version élargie de MAVISE sur son stand (stand 18.02, niveau 01) le mardi 21 mai 2013 à partir de 9h30.

Analyse du marché européen des services audiovisuels à la demande

Le marché des services audiovisuels à la demande sera analysé dans le cadre de l'atelier « Film et Internet : amis et plus si affinités », organisé par l'Observatoire européen de l'audiovisuel, le samedi 18 mai 2013 de 11h00 à 13h00, Palais des Festivals, Salon des Ambassadeurs, Cannes.

Annuaire 2012

Des analyses statistiques plus détaillées sont disponibles dans l'Annuaire 2012 de l'Observatoire européen de l'audiovisuel.


 

NOTE MÉTHODOLOGIQUE

Historique du projet – Clauses de non-responsabilité

 

La base MAVISE sur les entreprises et chaînes de télévision dans l'Union européenne et les pays candidats a été développée par l'Observatoire européen de l'audiovisuel dans le cadre d'un contrat avec la DG Communication de la Commission européenne (2007-2011). Elle a été officiellement lancée le 1er avril 2008.

 

L'élargissement de la base MAVISE aux services audiovisuels à la demande a été réalisé par l'Observatoire européen de l'audiovisuel à partir de 2011. L'enrichissement de la base est un processus constant. En particulier la couverture de la base s'ouvrira progressivement à l'ensemble des 39 Etats membres de l'Observatoire européen de l'audiovisuel.

Une partie de la collecte de l'information sur les services audiovisuels est réalisée dans le cadre de contrats passés entre l'Observatoire européen de l'audiovisuel et la Commission européenne (DG Communication et DG Connect). Pour la collecte de l'information, l'Observatoire bénéficie de la collaboration de l'European Platform of Regulatory Authorities (EPRA).

La Commission européenne est propriétaire du logiciel. L'Observatoire est propriétaire du concept et des informations contenues dans la base (à l'exception de celles communiquées par ses fournisseurs : Bureau Van Dijk et Lyngemark Satellite).

La collecte menée par l'Observatoire est réalisée avec le plus de rigueur possible, mais n'a pas de prétention à établir une base de référence ayant valeur juridique.

Ni l'Observatoire européen de l'audiovisuel et la Commission européenne, ni les agents de ces organisations ne fournissent aucunes garanties, explicites or implicites, ni n'assument aucune responsabilité sur la précision, l'exhaustivité ou l'usage de toute information contenue dans la base. Les références faites à tout service particulier (y compris les sites web référencés) ne constituent pas une recommandation ou une reconnaissance par l'Observatoire européen de l'audiovisuel ou la Commission européenne.

Les choix effectués dans la base sont ceux des experts et analystes de l'Observatoire impliqués dans le projet. Ils ne reflètent pas nécessairement les analyses de l'Observatoire en tant qu'organisation, de la Commission européenne ni du Conseil de l'Europe. Le fait qu'un service de télévision ou un service audiovisuel à la demande est inclus dans la base ne représente pas une position de l'Observatoire, de la Commission européenne, ou d'une quelconque autorité de régulation quant à la situation juridique de ce service. En particulier, les critères utilisés pour inclure les services audiovisuels dans la base ne sont pas parfaitement similaires à ceux définis par la Directive sur les Services de médias audiovisuels ou par la transposition de cette directive en droit national par les Etats membres.

Repérage des services – Identification de la société éditrice

Le repérage des services audiovisuels à la demande est réalisé par l'Observatoire européen de l'audiovisuel en recourant à diverses sources : instances de régulation nationales de l'audiovisuel (mais un grand nombre d'entre elles ne disposent pas de registres) ; analyse des offres des plates-formes de distribution (Internet, câble, IPTV, TNT,…) ; analyses des résultats d'audience des services de vidéo en ligne proposés par le service Video Metrix de comScore ; presse professionnelle et sites spécialisés.

L'Observatoire a adopté une définition plus large des services audiovisuels à la demande que celle proposée par la Directive sur les services de médias audiovisuels et sa transposition dans les législations nationales.
L'identification de la société éditrices pour les services « de marque » qui sont distribués par des plates-formes (telles que YouTube, Dailymotion, iTunes, Xbox,…) pose des problèmes particuliers : le groupe éditeur de ces services est facilement identifiables, mais non la société éditrice particulière et donc le pays d'établissement probable du service.

Tout le soin possible a été apporté pour assurer la précision de l'information. Cependant, le recensement opéré dans la base MAVISE ne prétend pas à l'exhaustivité. En raison de l'absence de transparence sur les sociétés d'édition, des attributions de services à des sociétés éditrices peuvent être approximatifs.

Les opérateurs de service qui souhaiteraient ajouter leur service, ou corriger des erreurs, sont invités à transmettre leurs informations à l'adresse suivante : mavise@coe.int

 

Complexité des critères de classement

Le marché des services audiovisuels à la demande est extrêmement complexe. Son analyse nécessite le croisement de plusieurs critères :

  • pays d'établissement,
  • pays de réception (en fonction des diverses formes de géo-localisation des services),
  • genre : services de VoD généralistes, consacrés au film de cinéma, aux programmes de fiction TV, à la musique, aux programmes pour enfants, aux programmes pour adultes, aux documentaires, services de télévision de rattrapage, services de trailers, portails, pages vidéo des sites des journaux, etc.,
  • type de diffusion : services d'accès direct sur Internet, services d'accès sur Internet par le biais de plates-formes ouvertes (chaînes de marques ou services de VoD sur YouTube, Dailymotion,…) ou de plates-formes fermées (catalogues de marque sur iTunes Store, Xbox, PSP,…) ; accès par le biais de plates-formes de distribution de services audiovisuels (câble, IPTV, TNT,…) ; accès par le biais de stores d'applications pour smartphones, tablettes ou SmartTV,…
  • modèle économique : transaction par œuvre ou abonnement, financement par la publicité, par le péage, par les ressources des diffuseurs publics,…

a diversité de ces critères et la complexité économique, linguistique et culturelle de l'Europe permet une combinatoire impressionnante de modèles, que seule une base de données permet de saisir.


 

Contacts:

  • Supervision : André Lange, Responsable du département Information sur les marchés et les financements - andre.lange@coe.int
  • Analystes Marché européen de la télévision : Christian GrèceDeirdre KevinAgnès Schneeberger - mavise@obs.coe.int
  • Pour les relations presse, veuillez contacter : Alison Hindhaugh, Responsable Communication et Presse, 
    tél.: (+ 33) (0) 3 90 21 60 10 - alison.hindhaugh@coe.int