09/05/2014 : Communiqué de presse - Recul des recettes brutes des salles dans l'Union européenne en 2013 mais le premier trimestre 2014 est prometteur

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  • La hausse des recettes brutes des salles dans l'Union européenne  s'est interrompue en 2013 : celles-ci ont diminué de 4,3 %. Mais les chiffres des entrées au 1er trimestre 2014 sont encourageants.
  • Les derniers volets de Moi, moche et méchant (Despicable Me) et de The Hobbit dominent les classements de l'UE.
  • La part de marché des films européens a baissé de 28,9 à 26,2 %.
  • Avec environ 1 546 longs métrages, la production de films dans l'Union européenne a poursuivi sa croissance.
  • 87 % des écrans de l'UE étaient numérisés fin 2013.

 

Un premier trimestre 2014 prometteur

Les chiffres provisoires du 1er trimestre pour 11 marchés de l'Union européenne indiquent une croissance significative de la fréquentation par rapport au 1er trimestre 2013. La fréquentation trimestrielle a fortement progressé dans 3 des 5 grands marchés européens, notamment en France (+18,9 %), en Italie (+13 %) et en Espagne (+8,7 %), ce qui compense les reculs de moindre ampleur enregistrés en Allemagne et au Royaume-Uni. Au total, la fréquentation dans ces cinq marchés a progressé de 5,6 %. Ces marchés représentent environ 75 % de la fréquentation totale de l'Union européenne. Six autres Etats membres de l'Union européenne ont également enregistré une croissance de la fréquentation, notamment les Pays-Bas (+4,8 %), la Suède (+17,9 %), la Grèce (+8,9 %) ou encore la Slovaquie (+49,5 %).

En dehors de l'Union européenne, la fréquentation a affiché une augmentation encore plus forte, la Fédération de Russie et la Turquie enregistrant respectivement une augmentation de 18,6 % et de 30,9 % de la fréquentation trimestrielle d'une année à l'autre

 

Première baisse des recettes brutes des salles de l'Union européenne depuis cinq ans

Les recettes brutes des salles de l'Union européenne ont diminué en 2013, pour la première fois depuis 2005. Dans les 28 Etats membres de l'Union européenne, elles atteignent environ 6,29 milliards EUR, soit une baisse de 4,3 % par rapport au record de 2012 (6,57 milliards EUR). Les cinq dernières années, la croissance des recettes brutes des salles était principalement alimentée par la hausse du prix des billets qui lui permettait de compenser la baisse de la fréquentation. Ce n'est plus le cas en 2013 : le prix moyen du billet dans l'Union européenne  a légèrement diminué pour la première fois depuis que des films comme Avatar ont lancé la numérisation en 2009.

Si la fréquentation des cinémas a d'abord été stimulée par l'effet de nouveauté de films 3D à grand succès (982 millions en 2009), elle diminue de façon plus ou moins continue depuis lors. Elle a commencé par chuter à environ 965 millions en 2010 et 2011 avant de reculer plus nettement à 945 millions en 2012 et, finalement, à 907,1 millions en 2013, son plus bas niveau depuis 2005.

En 2013, la fréquentation a diminué dans 20 des 28 Etats membres de l'UE, seule l'Italie enregistrant une augmentation significative (+6,6 millions). La baisse globale des entrées de l'Union européenne est principalement due au recul des marchés en Espagne (-15,4 millions), en France (-10,0 millions), au Royaume-Uni (-7 millions) et en Allemagne (-5,4 millions).

Comme souvent ces dernières années, seuls les pays hors Union européenne  ont enregistré une croissance significative. Avec une progression de la fréquentation supérieure à 10,4 %, soit 177,1 millions de billets vendus en 2013, la Fédération de Russie est désormais le deuxième plus grand marché européen en termes d'entrées, devant le Royaume-Uni. Les recettes brutes des salles ont également battu des records en Turquie, où la fréquentation a augmenté de plus de 14,8 % avec 50,4 millions d'entrées, son niveau le plus haut des dernières décennies.

 

 

Les suites de Moi, moche et méchant (Despicable Me), The Hobbit et Iron Man dominent les classements de l'Union européenne en 2013

Comme les années précédentes, les suites et les versions dérivées figurent en bonne place dans les classements européens en 2013. Entraînées par les derniers volets de Moi, moche et méchant (Despicable Me), The Hobbit et Iron Man, un total de 11 suites / présuites / versions dérivées figurent parmi les 20 films ayant réalisé le plus d'entrées, et même parmi les 10 premières places pour sept d'entre elles. Il est intéressant de noter que 2013 se caractérise par l'absence de succès pan-européen et que les premiers films ont attiré beaucoup moins de spectateurs que ces dernières années. Par exemple, Despicable Me 2, le premier film du classement en 2013, a généré « seulement » 25,4 millions d'entrées. A comparer aux 42,7 millions d'entrées de Skyfall (2012), aux 38,0 millions de Harry Potter and the Deathly Hollows: Part 2 (2011) et aux 51,9 millions d'Avatar (2010). Le chiffre relativement faible de la fréquentation pour les films en tête du classement a très probablement contribué à la baisse globale des recettes des salles de l'UE en 2013.

Les Misérables est le premier film européen (8,9 millions de billets vendus), devant le grand succès italien Sole une catinelle, comédie familiale de vacances, pour laquelle plus de 8 millions de billets ont été vendus, soit plus que pour tout autre film dans l'histoire récente de l'Italie.

 

 

Recul de la part de marché des films européens à 26,2 %

Sur la base de chiffres provisoires, la part de marché des films européens dans l'Union européenne est estimée avoir chuté de 28,9 à 26,2 % en 2013. Ce chiffre exclut les films européens produits en Europe avec des capitaux américains, qui - en l'absence de grands succès comme Skyfall ou la franchise Harry Potter - ont enregistré leur plus faible part de marché dans l'histoire récente, avec à peine plus de 1 % du total des entrées. Par ailleurs, la part de marché des films américains est passée de 62,8 % à 69,1 % (estimation), son record des dix dernières années. L'augmentation de la part de marché de films en provenance d'autres régions du monde est en grande partie due au succès de The Great Gatsby, considéré comme une coproduction majoritairement australienne.

 

 

Progression des niveaux de production de films de l'Union européenne

Les niveaux de production de l'Union européenne  ont continué à progresser, mais de façon modérée, pour atteindre environ 1 546 longs métrages en 2013, soit 18 films de plus qu'en 2012. Ce chiffre représente un nouveau record et se décompose en environ 1 075 longs métrages de fiction et 471 longs métrages documentaires. Les films de fiction représentent donc environ 70 % de la production totale. La croissance est toutefois principalement alimentée par les longs métrages documentaires, 15 films de plus, la production de films de fiction de l'Union européenne étant restée stable.

 

 

87 % des salles numérisées

Selon les chiffres fournis par MEDIA Salles, 4 390 écrans ont été convertis en systèmes de projection numérique en 2013, portant le total à 26 035 écrans numériques. Autrement dit, fin 2013, environ 87 % du parc de salles total de l'UE était numérisé. Dix Etats membres de l'UE, dont la France, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Belgique, la Finlande et le Danemark, ont converti la quasi-totalité de leurs écrans. La pénétration du numérique en Allemagne atteint 90 %, contre 75 % en Italie et 70 % en Espagne. Seuls sept Etats membres enregistrent des taux de pénétration des salles numériques inférieurs à 70 %, notamment la République tchèque (51 %), la Slovénie (45 %) et la Grèce (27 %).

 


 

Des informations détaillées sur les marchés cinématographiques nationaux en Europe ainsi que dans le reste du monde sont publiées dans la brochure FOCUS 2014 Tendances du marché mondial du film (disponible durant le Marché du Film) réalisée par l'Observatoire européen de l'audiovisuel et éditée par le Marché du film


 

Remarques à l'intention des rédactions :

  • Les données ont été recueillies avec la collaboration de l'EFARN (réseau européen des chercheurs et responsable des statistiques des agences nationales du cinéma).
  • Tous les chiffres de l'année 2013 sont provisoires.

L'Observatoire européen de l'audiovisuel, Conseil de l'Europe

Institué en décembre 1992, l'Observatoire européen de l'audiovisuel a pour objectif de collecter et de diffuser les informations relatives à l'audiovisuel en Europe. L'Observatoire est un organisme de service public européen, composé de 40 Etats membres et de l'Union européenne, représentée par la Commission européenne. Il exerce son activité dans le cadre juridique du Conseil de l'Europe et travaille en collaboration avec un certain nombre d'organismes partenaires et professionnels du secteur audiovisuel, ainsi qu'avec un réseau de correspondants. Outre ses contributions aux conférences, ses principales activités consistent en la publication d'un annuaire, de rapports et de bulletins d'information, la compilation de bases de données et la fourniture d'informations grâce au site Internet de l'Observatoire (http://www.obs.coe.int).

Classements des entrées des films européens (tableaux 3 et 4)

Les classements des films européens des tableaux 3 et 4 sont établis à l'aide des informations en date du 20 avril 2014 contenues dans la base de données LUMIERE. Cette base de données sur les entrées des films sortis en Europe, disponible gratuitement en ligne, est le fruit d'une collaboration entre l'Observatoire européen de l'audiovisuel et diverses sources nationales spécialisées, ainsi que le programme MEDIA de l'Union européenne. LUMIERE fournit une analyse pays par pays des entrées pour plus de 35 500 films sortis en Europe depuis 1996. Les données 2013 partielles de 23 pays européens sont désormais disponibles, y compris pour les principaux marchés de l'Union européenne, ainsi que pour le marché nord-américain. Les classements (tableaux 3 et 4) mentionnés dans ce communiqué de presse sont établis à partir des données disponibles de l'ensemble des pays de l'Union européenne.

Parts de marché (Tableau 5)

Les parts de marché indiquées dans ce tableau reposent sur l'analyse des résultats des films sortis en salles dans les pays membres de l'Union européenne pour lesquels des données sur les entrées réalisées par les films ont été mises à disposition de l'Observatoire européen de l'audiovisuel. Pour établir ces parts de marché, un seul « pays d'origine » doit être attribué à chaque film, ce qui peut s'avérer difficile dans le cas de productions internationales : l'Observatoire définit alors un pays d'origine correspondant à la principale source de financement et/ou au contrôle créatif du projet. En 2005, pour la première fois, l'Observatoire a procédé au recensement spécifique des films produits dans un ou plusieurs pays européens (ou ailleurs) à l'aide d'investissements américains, en ajoutant la mention « inc » (investissement étranger) à l'attribution du pays d'origine. Il convient toutefois de noter que la communication ultérieure de nouvelles informations entraîne parfois une modification du pays d'origine et que l'attribution du pays d'origine d'un film, telle que mentionnée dans LUMIERE, peut ne pas être identique à celle indiquée par des sources nationales.

Les données provisoires des parts de marché dans l'Union européenne en 2013 indiquées dans le tableau 5 se fondent sur les chiffres disponibles des entrées réalisées par chaque film et réunis dans la base de données LUMIERE au 20 avril 2014. A cette date, le taux de couverture de la base de données pour les entrées dans les 23 pays de l'Union européenne était d'environ 88 %. En raison d'un certain nombre de lacunes dans la collecte et la communication des données de divers pays, il est actuellement impossible de parvenir à une couverture à 100 % des entrées. Pour 2013, il reste à inclure dans la base de données LUMIERE des informations complémentaires sur les pays européens suivants : Allemagne, Belgique, Bulgarie, Chypre, Danemark, Espagne, France, Lettonie, Luxembourg, Malte et les Pays-Bas.

Nombre des longs métrages produits dans l'Union européenne (Tableau 6)

L'évaluation du volume total de production des longs métrages dans l'Union européenne reste difficile, principalement en raison du risque de double comptabilisation des coproductions et des différences entre les méthodologies nationales de collecte de ces données. Le total pour l'Union européenne inclut en général les longs métrages destinés à une exploitation en salles, à l'exception des coproductions minoritaires et de la production américaine et étrangère au Royaume-Uni. Pour certains pays, des données distinctes pour les fictions de long métrage et les documentaires de long métrage ne sont pas disponibles.


Contacts à l'Observatoire européen de l'audiovisuel :

André Lange (Responsable du Département Informations sur les marchés et les financements)
andre.lange@coe.int - tél.: +33 (0) 3 90 21 60 00 / 11

Martin Kanzler (Analyste, Département Informations sur les marchés et les financements)
martin.kanzler@coe.int - tél.: +33 (0) 3 90 21 60 00 / 22


L'Observatoire européen de l'audiovisuel
sera présent au Marché du Film, Cannes
Stand 18.02, Niveau 01
Palais des Festivals
Tél.: +33 (0)4 92 99 81 07

Plus d'informations dans
FOCUS 2014 Tendances du marché mondial du film
réalisé par l'Observatoire européen de l'audiovisuel et édité par le Marché du film

FOCUS 2014 sera en vente sur le site de l'Observatoire pendant le Marché du Film (à partir du 14/05/2014),
voir : http://www.obs.coe.int/shop/focus,
ainsi que sur le stand de l'Observatoire.


L'Observatoire européen de l'audiovisuel

Institué en décembre 1992, l'Observatoire européen de l'audiovisuel a pour objectif de collecter et de diffuser les informations relatives à l'audiovisuel en Europe. L'Observatoire est un organisme de service public européen, composé de 40 Etats membres et de l'Union européenne, représentée par la Commission européenne. Il exerce son activité dans le cadre juridique du Conseil de l'Europe et travaille en collaboration avec un certain nombre d'organismes partenaires et professionnels du secteur audio­visuel, ainsi qu'avec un réseau de correspondants. Outre ses contributions aux conférences, ses principales activités consistent en la publication d'un annuaire, de rapports et de bulletins d'information, la compilation de bases de données et la fourniture d'informations grâce au site Internet de l'Observatoire (http://www.obs.coe.int).