09/04/2013 : Communiqué de presse - Les principaux groupes TV privés d'Europe ont enregistré une légère croissance globale en 2012

 

  • L'Europe en récession - mais les entreprises de télévision privées globalement à l'encontre de cette tendance : alors que l'Union européenne a vu son PIB reculer de -0,3 % en 2012, les 20 principales entreprises de télévision d'Europe ont connu une croissance interne de 2,1 %.
  • Les groupes de télévision à péage en meilleure posture que les groupes financés par la publicité : avec un taux de croissance interne global de 3,9 %, les groupes de télévision à péage ont obtenu de meilleurs résultats que les groupes essentiellement financés par la publicité, dont les recettes internes ont diminué de 0,9 %.
  • Les groupes américains affichent de meilleurs résultats que les groupes européens : les groupes principalement contrôlés par des actionnaires américains représentent 43,8 % du total et ont affiché un taux de croissance interne plus élevé (2,9 %).


A l'ouverture du MIP-TV, l'Observatoire européen de l'audiovisuel, qui fait partie du conseil de l'Europe, a analysé une liste d'entreprises composée de 12 groupes essentiellement actifs dans le domaine de la télévision à péage et de 9 groupes principalement financés par la publicité.

  • Les activités des groupes de télévision à péage incluent la distribution de bouquets de télévision et la fourniture de leurs propres chaînes thématiques ainsi que de services audiovisuels à la demande (services de VoD et/ou de télévision de rattrapage). Elles peuvent également inclure la fourniture de leurs propres chaînes de télévision financées par la publicité et des activités de production. Les groupes du câble ont également été actifs en tant que fournisseurs d'accès internet (FAI) et que fournisseurs de services de téléphonie.
  • Les groupes essentiellement financés par la publicité gèrent des chaînes généralistes gratuites, mais ils sont aussi diversifiés dans la fourniture de chaînes thématiques payantes ou gratuites. Ils fournissent également des services audiovisuels à la demande (services de VoD et/ou de télévision de rattrapage) et sont généralement aussi largement impliqués dans des activités de production.

Les européens continuent à s'abonner aux nouveaux services payants malgré la récession

Les groupes de télévision à péage comprennent les câblo-opérateurs et les ensembliers satellitaires (Sky au Royaume-Uni, en Allemagne et en Italie, Vivendi en France et en Pologne, Prisa en Espagne, Zon Multimédia au Portugal, Cyfrowy Polsat en Pologne). Ces groupes ont enregistré une croissance interne globale de 3,7 % en 2012, ce qui indique que, même en période de récession, les ménages ont non seulement conservé leurs abonnements mais aussi manifesté leur intérêt pour de nouveaux services (formule « Go » donnant accès partout sur n'importe quel appareil ; services de VoD transactionnels). La consolidation du marché de la télévision à péage continue. Liberty Global a acheté en 2012 la société allemande Unity Media Kabel BW, a augmenté sa part dans la société belge Telenet et a récemment annoncé la prise de contrôle de Virgin Media au Royaume-Uni et de Ziggo aux Pays-Bas. Le marché de la télévision à péage par satellite s'est également consolidé en Pologne avec le récent lancement de la plate-forme NC+, à la suite de l'accord conclu entre Canal+ Cyfrowy, TVN et iti. 2012 fut également la première année de consolidation totale de Telewizja Polsat qui par Cyfrowy Polsat (entreprise éditrice de chaînes de télévision gratuites et de chaînes thématiques). Par ailleurs, Telewizja Polsat est sur le point d'acquérir le groupe Polskie Media Group (qui détient les chaînes TV4 et TV6).

 

Recettes consolidées des principaux groupes TV privés d'Europe (2007-2012)

En millions d'EUR

Notes :
(1) Année calendaire et non année fiscale.
(2) Inclut les recettes hors Europe (environ 10 % des recettes consolidées). La croissance en 2012 est principalement due à l'augmentation des recettes de UPC en
Allemagne (+ 59.3%) suite à l'intégration complète de Unity Kabel BW.
(3) La croissance organique des recettes en Allemagne a été de 13,4 %. Les recettes des autres territoires ont été en légère baisse sur la base de l'USD (- 0.8 %).
(4) Au 30/06/2012, estimation faite sur la base des données en USD parues dans le rapport annuel de News Corp.
(5) Certaines activités des territoires nordiques et de la CEE ont été arrêtées en 2013 mais sont encore consolidées dans les déclarations 2012.
(6) En 2010, Modern Times Group a déconsolidé son ancienne filiale de location CDON.
(7) Suite à un accord avec le groupe Canal+ en décembre 2011 sur la fusion de la plate-forme "n" (ITI Neovision Group) et de Cyfra +, les recettes des activités de
ITI Neovision Group sont présentées de façon discontinue dans les comptes consolidés de TVN S.A.

Source : Observatoire européen de l'audiovisuel

Des groupes financés par la publicité affichent une croissance grâce à la diversification

Les groupes essentiellement financés par la publicité ont enregistré des résultats contrastés. Le groupe RTL et ProSiebenSat.1 Media AG ont connu une croissance significative (respectivement 4 % et 7,7 %). Cette progression est principalement due à la réussite des activités de diversification (chaînes thématiques, services audiovisuels à la demande, production et ventes de programmes en Europe ainsi que sur le marché américain). Fremantle, la filiale de production du RTL Group a augmenté ses revenus de 19,7 %. ProSiebenSat.1 Media AG a augmenté ses revenus de Production/Ventes de 61,8 % et ses revenus numériques de 38,1 %. Quoique de moindre importance, la croissance d'ITV plc est également due à la diversification, aux chaînes thématiques et aux activités de production/de vente. En revanche, les recettes du groupe français TF1 ne progressent pas pour la deuxième année consécutive. Une diminution importante du marché de la publicité télévisée en Italie, en Espagne et en Europe de l'Est a affecté les recettes de Mediaset (-12,5 %), d'Antena 3 (-7,9 %), de CME (-10,7 %) et de TVN (-7,8 %).

Il convient de noter que 7 des 20 groupes sont totalement ou majoritairement sous contrôle américain. En 2012, leurs recettes ont représenté 46,5 % du total des recettes des 20 groupes de l'échantillon (contre 45,1 % en 2011).


Note méthodologique

Afin de fournir assez tôt dans l'année des données sur les tendances économiques du marché européen de la télévision, l'Observatoire européen de l'audiovisuel a compilé les recettes de 20 des plus grands groupes privés opérant en Europe. Bien qu'imparfaite, cette méthodologie est la seule façon d'obtenir un aperçu rapide de l'évolution économique du marché européen de la télévision au cours de l'année précédente.

La mesure de la croissance du secteur de la télévision pose plusieurs difficultés :

  • Les déclarations des groupes et des entreprises sont la seule source d'information fiable pour le principal type de recettes des groupes privés : publicité, recettes de la télévision à péage et recettes transactionnelles (vente de programmes, marchandisage, VoD) mais la ventilation des recettes par produits n'est pas toujours disponible. Les ensembliers satellitaires, en particulier, ne communiquent pas la répartition de leurs recettes entre les activités de diffusion et de distribution.
  • Diverses grandes entreprises, en particulier les grandes sociétés publiques de radiodiffusion et les petites entreprises, publient leurs comptes assez tard dans l'année. Par conséquent, les chiffres d'affaires consolidés des grands groupes de télévision sont les seules sources rapidement disponibles pour évaluer les tendances récentes du marché.
  • Les grands groupes de télévision publient des comptes consolidés, mais sont de plus en plus restrictifs dans la publication des comptes des sociétés affiliées.

Cette méthodologie pose plusieurs problèmes et ne doit pas être considérée comme parfaite :

  • En raison des différents rachats ou cessions, il n'est pas possible de fournir des données sur des structures constantes sur une période de cinq ans. Dans la mesure du possible, nous fournissons des données tenant compte des activités abandonnées, afin de calculer la croissance sur une base constante.
  • Compte tenu de l'absence d'une segmentation commune des recettes des groupes, nous avons adopté pour principe de considérer les recettes consolidées comme concernant toutes les activités, y compris les activités qui ne sont pas liées au secteur audiovisuel (c'est en particulier le cas pour les entreprises de distribution opérant également comme FAI ou comme fournisseurs de services de téléphonie) ou qui opèrent en dehors de l'Europe (par exemple, Liberty Global inc. dont le chiffre d'affaires comprend environ 10 % de recettes provenant de marchés non européens).
  • Les comptes de 4 sociétés (Liberty Global, Virgin Media, Sky Italia et Central European Media Enterprises) ne sont pas accessibles en devises européennes. Les données originales sont en USD, ce qui nécessite une seconde conversion en EUR pouvant entraîner des divergences.