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L’industrie cinématographique de la Fédération de Russie connaît une croissance parmi les plus rapides en Europe. Elle intéresse un nombre grandissant d’investisseurs, tant russes qu’étrangers. Mais saura-t-elle résister au vent glacial de la crise et conserver cette belle santé ? The Film Industry in the Federation of Russia (L’industrie cinématographique dans la Fédération de Russie), un rapport inédit commandé par l’Observatoire européen de l’audiovisuel aux consultants indépendants Nevafilm et RFilms, présente une analyse approfondie et bien à jour de tous les aspects du secteur en Russie et de l’impact du nouveau climat économique.
Les recettes en salles résistent à la récession… La fréquentation des cinémas a considérablement
augmenté au cours des cinq dernières années en Russie,
puisque les ventes de billets connaissent une croissance moyenne annuelle
de 14 % sur la période 2004-2008. Cette augmentation s’explique
par l’expansion du parc d’écrans modernes et la relance
de la fréquentation moyenne des salles, le nombre d’entrées
par personne se trouvant pratiquement multiplié par deux. La hausse
du prix des places a démultiplié cet effet sur les recettes
en salles, lesquelles ont connu une croissance annuelle de 32 % en
moyenne entre 2004 et 2008. Pour 2009, le rapport prévoit la poursuite
de cette croissance, même si la dévaluation du rouble intervenue
fin 2008 / début 2009 pourrait aboutir à des résultats
négatifs, une fois exprimés en monnaie forte.
Le cinéma numérique a fait son apparition en Russie en
octobre 2006, avec l’inauguration du premier écran aux standards
DCI à Saint-Pétersbourg. En juillet 2009, l’offre
se montait à 161 écrans numériques (dont un quart
concentrés à Moscou) et représentait 8 % du
parc total d’écrans. Comme ailleurs, la 3D numérique
constitue une impulsion de croissance substantielle, puisque la quasi-totalité
des écrans numériques russes sont équipés
de la technologie 3D. … mais le secteur de la production commence à faiblirDepuis le succès de Nochnoy dozor (Night Watch) en 2004, les films produits par des sociétés russes ont grandement contribué à la relance du marché. Le total des investissements dans la production entre 2004 et la fin du premier semestre 2009 dépasse 62 milliards de RUB ; ils concernent pour un peu plus de la moitié la production de films et de séries destinés à la télévision, les longs métrages de cinéma représentant 25 milliards de RUB. Parallèlement, les investissements ont commencé à affluer en direction du secteur des services liés à la production et ont alimenté d’importants projets de restructuration, de modernisation et de construction. Des tensions sont toutefois apparues dans la branche à la fin
de l’année 2008. Le ministère de la Culture de la
Fédération de Russie, investisseur majeur dans la production
locale, a redirigé tous ses financements pour 2009 au profit de
la finalisation des films en cours. Aucun nouveau projet ne recevra donc
de financements au titre de l’année 2009. Les chaînes
de télévision nationales ont revu à la baisse leurs
investissements et leurs acquisitions ; les prix des droits ont en outre
diminué. L’évolution de la situation a conduit à
un mouvement de consolidation parmi les sociétés de production
et l’Association des producteurs cinématographiques et télévisés,
organisme de création récente, a déployé des
efforts concertés pour contenir les coûts de production,
lesquels tendaient à monter en flèche. Dans le secteur des
services, les projets de construction de nouveaux studios ont été
reportés ou annulés, et les infrastructures existantes fonctionnent
en sous-capacité. Les ventes de DVD montrent des signes de faiblesseDes mesures concertées de lutte contre le piratage, adoptées entre 2004 et 2006, ont ouvert la voie à une croissance du marché légal du DVD, bien que ce segment demeure insuffisamment développé. Au total, 83,8 millions d’unités ont été vendues en 2008, soit 24 % de plus qu’en 2007. Les contenus produits dans le pays représentaient environ 20 % des sorties en 2008 et cinq longs métrages russes figuraient parmi les dix meilleures ventes pour la même année. Dans l’ensemble, les longs métrages sont le genre qui prédomine, puisqu’ils représentent près des trois quarts de tous les titres édités. Selon la publication russe spécialisée Videomagazine, citée dans le rapport, le premier semestre 2009 se caractérise par une baisse du nombre de nouvelles sorties et un ralentissement des ventes. Si cette tendance perdure jusqu’à la fin de l’année 2009, le secteur pourrait afficher des résultats en baisse de 8 % en glissement annuel.
Note pour les rédacteurs :L'Observatoire européen de l'audiovisuel Institué en décembre 1992, l’Observatoire européen de l’audiovisuel a pour objectif de collecter et de diffuser les informations relatives à l’audiovisuel en Europe. L’Observatoire est un organisme de service public européen, composé de 37 Etats membres et de l'Union Européenne, représentée par la Commission Européenne. Il exerce son activité dans le cadre juridique du Conseil de l’Europe et travaille en collaboration avec un certain nombre d’organismes partenaires et professionnels du secteur audiovisuel, ainsi qu’avec un réseau de correspondants. Outre ses contributions aux conférences, ses principales activités consistent en la publication d’un annuaire, de rapports et de bulletins d’information, la compilation de bases de données et la fourniture d’informations grâce au site Internet de l’Observatoire (http://www.obs.coe.int). Nevafilm JSC Créée en 1992, la société Nevafilm dispose d’une expérience diversifiée dans le secteur cinématographique. Le groupe possède des studios d’enregistrement, de mixage et de doublage à Moscou, Saint-Pétersbourg et Kiev (Nevafilm Studios) ; il est leader sur le marché russe de l’aménagement des cinémas, mais aussi sur celui de la fourniture et de l’installation des équipements destinés aux salles de cinéma et aux salles numériques (Nevafilm Cinemas) ; il est devenu le premier laboratoire de cinéma numérique pour la création de masters et copies numériques (Nevafilm Digital) ; il distribue des contenus nouveaux pour les écrans numériques (Nevafilm Emotion) ; il réalise depuis 2003 des études indépendantes de suivi du marché russe du cinéma dans le domaine de l’exploitation en salles et collabore régulièrement avec les organismes de recherche internationaux en leur fournissant des informations sur l’évolution du marché cinématographique russe (Nevafilm Research).
RFilms (Invest Collegium Ltd) RFilms est spécialisé dans la recherche sur le financement de l’industrie du cinéma et l’administration publique. Depuis 2008, la société a mené des projets visant à promouvoir la place de la Russie dans le marché international de la production cinématographique, à développer la coopération entre producteurs russes et étrangers par le biais de coproductions, et à attirer des tournages étrangers en Russie. Elle organise chaque année le Forum de la coproduction de Moscou, dans le cadre du Festival international du film de Moscou.
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