Questions d'intérêt public

IRIS Plus 2014-1: La nouvelle communication sur le cinéma

Auteur: Francisco Javier Cabrera Blázquez & Amélie Lépinard, Observatoire européen de l’audiovisuel

Publié: 01/09/2014

A mark, a yen, a buck, or a pound
A buck or a pound
A buck or a pound
Is all that makes the world go around,
That clinking clanking sound
Can make the world go ‘round.

“Money Money” (from Cabaret, lyrics by Fred Ebb)

De nos jours, les jeunes générations tiennent l’existence de l’Union européenne pour acquise : les adolescents européens d’aujourd’hui sont nés dans l’Union européenne. Mais il n’en reste pas moins que celle-ci constitue un fait très récent, si l’on considère l’histoire de l’Europe dans son ensemble. Cette organisation ne s’est faite ni en un jour, ni en une semaine, elle résulte plutôt d’une évolution progressive. Certains avanceront que l’UE est un rêve encore inachevé, mais beaucoup a néanmoins déjà été accompli depuis sa création. Parmi les nombreux bénéfices que l’UE apporte à ses citoyens, citons les libertés fondamentales, consacrées par les Traités européens, de se déplacer, de vivre et de faire des affaires dans les autres Etats de l’UE.

Les nouvelles générations ne se souviennent peut-être pas, par exemple, qu’il n’y a pas si longtemps, les pays européens avaient chacun une monnaie différente. Désormais, plus de 300 millions d’européens partagent l’euro et peuvent se déplacer librement au sein de la zone euro sans avoir à changer d’argent à la frontière ou à l’aéroport.

Evidemment, le fait qu’il soit beaucoup plus facile qu’auparavant de circuler au sein de l’UE n’oblige pas les citoyens européens à faire usage de cette liberté. Une même remarque peut d’ailleurs s’appliquer à la circulation des films européens dans l’UE. S’il est vrai que certains films européens bénéficient des règles européennes en matière de libre circulation des biens et des services et qu’ils réussissent à franchir les frontières nationales, cela reste l’exception plutôt que la règle. Il existe sûrement de nombreuses explications à cette situation. Selon la Commission, elle résulte de la fragmentation du secteur audiovisuel européen en marchés nationaux, voire régionaux. L’absence d’une langue commune dans l’UE peut aussi être invoquée. Pour citer Nelson Mandela, vous ne pouvez toucher le cœur des gens que si vous parlez leur langue.

L’UE a changé beaucoup de choses, mais c’est bien toujours « l’argent qui fait tourner le monde » (du cinéma). Et, en Europe, cet argent provient en partie des coffres publics. La Commission européenne, en tant que gardienne des Traités et de l’intérêt général, doit s’assurer que les dispositifs nationaux de soutien à la production cinématographique et audiovisuelle sont compatibles avec le droit de l’UE. Jusqu’à peu, elle s’acquittait de cette tâche en se référant aux règles de la communication sur le cinéma de 2001, plusieurs fois prorogée de manière temporaire. En 2011, la Commission a lancé une procédure de consultation publique en vue d’adapter au contexte actuel ces règles adoptées dix ans auparavant.

Dans une précédente publication, l’Observatoire avait décrit la situation jusqu’en 2012, voir Nikoltchev S. (éd.), L’avenir des aides d’Etat, IRIS plus 2012-3, Observatoire européen de l’audiovisuel, Strasbourg, 2012. La publication que vous avez à présent entre les mains (ou sur vos écrans) met à jour ce précédent article en intégrant les règles issues de la communication sur les aides d’Etat en faveur des œuvres cinématographiques et autres œuvres audiovisuelles adoptée en novembre 2013. L’article de fond revient sur la manière dont ces règles ont vu le jour, en examinant notamment le processus de consultation qui a conduit à l’adoption de la nouvelle communication sur le cinéma. Ensuite, la section Reportages décrit les nombreuses évolutions qu’ont connues dans ce domaine les Etats membres de l’Union européenne au cours des deux années écoulées depuis la publication du précédent IRIS plus . Enfin, la section Zoom propose un ensemble de données et de statistiques de base sur le développement quantitatif de plusieurs segments de ce marché, tirées de publications récentes de l’Observatoire européen de l’audiovisuel. Elles incluent les évolutions les plus récentes des marchés européens des salles de cinéma, un comparatif du succès respectif des films européens et américains dans l’Union européenne, le nombre total de films de cinéma produits en Europe, le développement de la projection numérique dans les salles européennes et l’aide aux salles en difficulté.

Willkommen, bienvenue, welcome à la communication sur le cinéma de 2013 !

pdf